
Le dévoilement du "Je"
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Qu’est-ce que le « Je » en nous ?
Le mot « Je » désigne quelque chose de tout à fait spécifique et unique pour chacun d’entre nous. Chacun ne peut dire « Je » que pour soi-même, en saisissant la conscience du « Je » de façon parfaitement intuitive.
Il est pourtant plus facile de dire ce que n’est pas le « Je » que ce qu’il est. Aucune des composantes de notre personnalité n’est réellement fondée à dire « Je » : instincts, pulsions, désirs, sentiments émotions, pensées, sensations, croyances, actes, comportements…
Le « Je » n’est pas un constituant de l’être, mais son essence, son noyau. Il crée le lien, la cohérence interne, la mémoire, l’id-entité.
Quand il est défaillant, apparaissent dispersion, difficulté à fixer son attention, à garder un cap. Au niveau pathologique cette défaillance apporte conscience altérée, maladies, fonctionnements automatiques, dissociation.
Comment pouvons-nous le caractériser ? Le « Je » n’est d’abord qu’une forme pure, ouverte à d’autres, accueillante pour de nombreuses expériences. Profondément individuel, il crée notre singularité, notre façon d’être unique.

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L’action du Je
Au niveau physique
Le « Je » veille sur notre santé, notre intégrité physique. Il effectue le tri entre le « soi » et le « non soi ». A l’intérieur de notre corps, tout doit être transformé pour être compatible avec notre organisme.
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La digestion détruit les substances ingérées et les recombine.
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Le système immunitaire nous protège de ce qui nous est étranger, il assimile, neutralise, rejette, détruit.
A ce niveau corporel, nous avons besoin d’une intégrité quasi absolue.
Au niveau psychique et psychologique
C’est heureusement très différent. Pour apprendre, évoluer, mener une vie relationnelle et sociale, nous devons nous ouvrir aux autres et à notre environnement, que ce soit par :
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Les sens
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La sensibilité
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La vie des pensées, des émotions, des sentiments
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Là encore, le « Je » trie, il fait des choix et cela se manifeste dans nos actes et nos comportements. C’est lui qui pose des « oui » et des « non ». Et nous pouvons dire avec Camus que la dignité de l’Homme est de poser des frontières entre ce qui est acceptable ou pas. Agir à partir du « Je », c’est honorer ses propres intuitions morales.
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Quand le « Je » se manifeste, on sait ce que l’on doit, ou ne doit pas faire, accepter ou pas, avec certitude, quelles que soient les conséquences. Il se manifeste dans les forces du cœur qui en sont le sanctuaire. Il apporte alors les qualités de courage, liberté, quête de vérité, esprit de responsabilité.
Selon Rudolf Steiner, « le « Je » tire son essence et sa signification
de ce à quoi il est lié ». Là où va notre attention, nous nous imprégnons.
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Ce qui entrave le « Je »
De nombreux facteurs contribuent à entraver l’action du « Je » en nous.
Au niveau sociétal : la tendance à l’uniformisation s’accélère et s’oppose à la prise en compte de l’unicité de chacun. Il faut se couler dans des normes et des formes préétablies. La tendance au conformisme encore renforcée par les stratégies de « nudge ».
Au niveau technologique : utilisation abusive du « Je », appropriation du langage par l’IA, bombardement d’informations que nous n’avons pas le temps de traiter.
Au niveau psychologique : les conditionnements et habitudes, les peurs et autres émotions négatives, les traumatismes subis et croyances limitantes.
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Nécessités de soutenir le « Je »
et son développement sain
Dans les périodes chaotiques, incertaines, comme celle que nous vivons,
qui crée beaucoup d’angoisse, de confusion, de réactivité, il est essentiel
de soutenir le « Je », repère en pleine tempête.
Garder le cap pour retrouver une paix, une détermination, une harmonie plus durable et ancrée.
« En s’activant, le « Je » se donne son empreinte ni prédéterminée, ni prévisible : liberté et responsabilité.
Le « Je » est lié au devenir ! C’est pourquoi il doit être au centre de toute aventure spirituelle, de toute guérison, de toute évolution.


